Eid-ul-Adha

Arrêtons-nous autour de ce malaise bien malaysien sur l’usage du nom ‘Allah’. Avant l’avènement du dernier Prophète de l’Islam  (saw), le mot est très commun et désigne ‘Dieu’ tant chez les chrétiens  et les juifs que chez les  païens arabophones. D’autres  langues sémitiques utilisent aussi  ‘Elaha’ ou ‘Elohim’, par exemple, pour se référer à Dieu, Le Créateur, Le Tout Puissant, L’Unique, L’Incomparable.  C’est évidemment Le Dieu d’Adam et Eve, de Noé, d’Abraham, d’Ismaël, d’Isaac, d’Israël aussi connu comme Jacob,  de Joseph, de  Moïse, de Jésus et de Mohammad qui sera le dernier parmi Ses Envoyés, paix soit sur eux tous.  

Le Coran rappelle que ce même nom, Allah, est glorifié dans les synagogues et les églises comme dans les mosquées.  Il y est, à maintes reprises, cité que les idolâtres de la Mecque reconnaissaient Allah, L’invoquaient et  L’adoraient même. Mais ils Lui attribuaient AUSSI des partenaires, des associés, même des enfants et ils inventaient des croyances, des superstitions, des rites comme bon leur semblait en y impliquant Allah.  Ils instrumentalisaient la religion afin d’asseoir leur pouvoir tribal, politique et surtout économique. Comme tant d’autres peuples d’antan, lorsque ces Mecquois étaient en danger,  ils se tournaient vers Allah. Toutefois, lorsqu’ils étaient sauvés, ils L’oubliaient. Pire, ils remerciaient des dieux qu’ils créaient eux-mêmes et assujettissaient les plus vulnérables, ou incrédules, parmi eux à de viles manipulations au nom d’Allah, des dieux et la religion.

Le dernier Prophète (saw) vient nous rappeler qu’Allah, Dieu, ne nous appartient pas. Il dépasse notre imagination. Notre intelligence, et même tous nos  esprits et consciences réunis, ne peuvent Le concevoir  totalement comme Il est dans Sa Grandeur, dans Son Unicité, dans l’Absolu. Cela ne nous octroie nullement le droit d’inventer des propos ou des idées à propos de Lui. Et en ce jour de l’Eid-ul-Adha, le musulman est appelé à témoigner qu’il n’y a rien qui mérite l’adoration divine sauf Dieu. Tel est le sens du sacrifice  qu’il offre  à l’instar d’Abraham qui était éprouvé dans l’amour qu’il avait pour son fils. Abraham ne fléchit nullement, ce dernier non plus car il voulait se soumettre, comme son père, entièrement à la volonté d’Allah.

Au début, le message prophétique est rejeté farouchement non parce qu’il appelle à reconnaitre Allah comme Dieu, mais parce qu’il exclut toute place à une autre divinité ou d’autres dieux. Ceux-ci se nomment  La’at, Hubb’al  et Uzza, les statues ancestrales de l’époque, et prennent la forme d’idoles faites  de pierre, de chair ou même de fruits. Mais, en vérité, derrière se cache surtout un système de pouvoir fondé sur la loi du plus riche et du plus fort, le droit à réduire à l’esclavage les plus vulnérables,  le déni de la raison, de la justice et de la dignité. Se soumettre à Allah uniquement est inacceptable pour ceux qui veulent préserver leur puissance et leur acquis, maintenir leur domination, exploiter autrui, trahir comme ils veulent au nom de la divinité et de la religion qu’ils ont conçues.

Jusqu’aujourd’hui, les hommes disent ‘Allah’ tout en adorant d’autres divinités à Sa place ou avec Lui. Le pouvoir, l’argent, la gloire sont des dieux aussi vieux que le monde. L’apparence, le plaisir, l’amour de soi-même ou d’une personne rivalisent directement avec Allah dans notre cœur. Pire, il y a aussi le mensonge, l’hypocrisie et le rejet d’Allah qui peuvent finir par habiter notre être. La religion,  ou l’interprétation que nous  faisons de sa spiritualité, de sa  loi et de sa jurisprudence, arrive à avoir plus d’importance qu’Allah chez certains. Nous finissons par adorer la religion elle-même  ou  faire le culte des hommes religieux.

Le sacrifice d’Abraham est une preuve de notre effort de   résistance à la corruption de notre foi en Allah. Il doit être sincère, intime, empreint d’humilité. Il faut craindre que le sacrifice ne soit pas acceptable à Allah, implorer Son Pardon et Sa Miséricorde. Celui-ci n’a  besoin ni de la chair ni du sang d’un animal. C’est de notre conscience intime, de notre piété pour Lui,  qu’il est question en ce jour de l’Eid-ul-Adha.

Pour revenir au malaise malaysien, il faut se dire qu’un animal tué par un juif ou un chrétien peut être  ‘halal’  à condition que ce dernier prenne au moment de l’abatage uniquement le nom …d’Allah. Entre autres conditions requises nous permettant à enlever la vie à un animal pour une cause utile, il s’agit ici de reconnaître Allah, Dieu, notre Créateur à tous. Sans Lui attribuer aucun associé.

 

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