Où est l’intérêt de la communauté musulmane?

Au moment où le mois du Ramadan tire à sa fin, pouvons-nous enfin répondre à cette question qui a retenu notre attention pendant des mois ? Tout avait débuté avec l'annonce des réformes électorales et constitutionnelles. Aujourd'hui, il semble que la montagne a bien accouché d'une souris. Le Best-Loser System est toujours là et même ceux qui s'y opposent afficheront leur appartenance aux prochaines élections.

Dieu ne change pas la situation d'un peuple tant que ce dernier ne change pas ce qui est en lui-même. Toute la difficulté, la lenteur, le manque de volonté et de courage que nous éprouvons lorsqu'il faut apporter un changement vient de faiblesses qui résident en nous. La vraie réforme apparait quasiment impossible lorsqu'on y ajoute le défi du travail collectif. Se décider et se mettre d'accord avec soi-même est déjà un exercice laborieux. Koz-kozéà deux l'est encore davantage. Imaginons maintenant la tâche d'atteindre un consensus large...

Et pourtant, il y a une unité remarquable en ce mois du Ramadan autour de la cause palestinienne. La solidarité vis-à-vis des martyrs de Gaza et la condamnation de la barbarie sioniste résonnent au-delà de la communauté musulmane. Même au niveau international, il y a une quasi-unanimité autour du fait qu'Israël est un état terroriste. Sauf que ceux qui ont le pouvoir, d'Obama à Ban Ki Moon en passant par des dirigeants du monde musulman s'inscrivent en complices directs et indirects des crimes de Tsahal.

Pendant le mois du Ramadan, combien de fois n'avons-nous pas entendu le Coran nous rappeler le sort de Pharaon ? Moïse, paix soit sur lui, est le prophète le plus cité dans la dernière Révélation comme pour nous souligner que jusqu'au Jour Dernier il faudra retenir la leçon de sa vie. Il avait sauvé, grâce à Dieu, les Enfants d'Israël et il devait ensuite subir leurs transgressions. Jésus et Mohammad, le dernier Messager, paix soit sur eux, devaient aussi connaitre l'épreuve. Nous serons aussi face à cette adversité qui ne résulte pas finalement du déni d'un Dieu Unique, mais du refus de soumettre notre pouvoir, notre avoir et notre savoir à Sa Volonté. Après le Pharaon d'Égypte, nous retrouverons d'autres pharaons partout...même des fois jusqu'au plus profond de notre être.

Il faudra se changer soi-même pour résister aux pharaons de notre temps, des fois à nos propres dérives. C'est la réforme intérieure qui fait souvent défaut. Nos systèmes ne font que refléter les imperfections qui sont en nous. Nous avons les dirigeants que nous méritons. L'intérêt de la communauté musulmane demeure, d'abord, dans l'adhésion à des principes et non à un sentiment d'appartenance à une sorte de tribu. Le Coran fait référence à la meilleure communauté donnée à l'humanité comme étant celle qui ordonne le bien, interdit le mal et croit en Dieu. Elle est aussi appelée comme celle du juste milieu car elle ne suit pas aveuglément le pouvoir, l'argent, les autres, une tendance, un chef, un parti, une idéologie ou une dynastie. Elle ne se laisse pas égarer par son émotivité, son amour ou sa haine pour une chose mais agit selon avec justice dans la dignité. Elle est témoin parmi les hommes d'un comportement, d'une éthique et de valeurs universelles qui ont été portées par les Messagers au fil de l'histoire. Ces derniers n'avaient pas démissionné devant leurs responsabilités, même lorsque leurs peuples, leurs « oummah », ne les suivaient pas. Ils rappelaient les principes.

Nos alliés sont les hommes et femmes de principe comme nous le démontre la question de la Palestine. Notre intérêt ne se trouve pas dans le fait d'avoir des Best-Losers, un parti politique musulman, des Ministres musulmans ou une préférence quelconque. Nous devons placer nos principes au-dessus de tout avantage individuel, familial ou même communautaire. Notre compréhension de ce qui interdit ou haram nous indique qu'un musulman ne peut être un « roder bout » au détriment d'un autre.

C'est cela tout le message de ce mois du Ramadan. Nous avons cherché à maîtriser nos envies et nos volontés. Intimement, en plaçantle plaisir de Dieu avant toute chose. Nous avons compris que nous ne dépendons que de Lui. Nous avons appris à nous libérer de la domination des hommes. Le pouvoir, l'argent, le plaisir ne méritent pas notre adoration. Même les êtres qui nous sont les plus chers, nos enfants et nos proches, ne sont pas l'objet de notre culte. Nous sommes liés à Dieu par des principes à commencer par une exigence de justice, de bienfaisance et de vérité qui est universelle. Notre amour pour Dieu ne se construit que dans une conscience intime que notre intérêt dans ce monde, et surtout dans l'autre, est justement une affaire de fidélité à ces mêmes principes.

Demain on nous reparlera ici de réformes électorales et constitutionnelles, comme ailleurs on évoquera un cessez-le-feu ou un processus de paix. Dans tous ces cas, il ne faudra tenir compte que des principes et œuvrer ensemble seulement avec ceux qui respectent ces principes.

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