Ramadan - Engagement Citoyen


Qu'est-ce qu'un virus ? Un organisme invisible. Et pourtant, il est bien là, se multiplie et se répand à une folle allure. Jusqu'à se loger dans nos entrailles. Dans certains cas, il ronge notre corps. Et même lorsqu'il ne met pas en péril notre vie, il réussit à nous faire peur. Un micro-organisme fait trembler notre puissante société moderne.

Il faut, sans doute, s'arrêter des fois pour se poser la question du sens. C'est aussi cela le mois du Ramadan. Rompre les habitudes afin de mieux comprendre le "pourquoi" des choses.
Contrôler ses désirs naturels et se priver des plaisirs mondains durant la journée. Passer, ensuite, une bonne partie de la nuit dans la prière et la contemplation. Afin de s'interroger. Se remettre en question. Se retrouver dans le détachement. Nullement dans le but de répudier ce monde, mais pour y retourner avec une énergie nouvelle. Une détermination revigorée. Un engagement d'aller jusqu'au bout.

Ce virus-là, il nous parle. Il nous rappelle notre vulnérabilité. Il nous demande de revenir à l'essentiel. Il nous interpelle sur notre devoir de solidarité. Il nous confronte à nos oublis. Il nous exige d'être responsables. Et, aussi étrange que cela puisse sembler, il attribue une caractéristique vitale à ce qui doit être notre engagement de musulman mauricien, de Mauricien musulman. C'est l'engagement citoyen.

On l'a entendu tant de fois à la télévision. Les religions, en effet, appellent à la propreté corporelle. Alors que certains trouvent dans le "namasté" la salutation antivirale par excellence, d'autres rappellent que le "wudhu" est un lavage accompli cinq fois quotidiennement. Des SMS aux amulettes plus classiques, tous les moyens sont bons pour véhiculer les invocations qui protègent.

S'il est dit que la propreté est la moitié de la foi, le fait demeure que nous ne pouvons limiter la foi à une question d'hygiène superficielle. Non seulement faut-il y apporter une dimension sociale, en se souciant immédiatement des autres, mais il faut aussi viser plus loin que la purification de son propre corps.

D'ailleurs, après avoir qualifié la propreté comme la moitié de la foi, le Prophète (saw) ajoute "... la charité est une preuve... ". Le Coran est aussi une preuve, soit en notre faveur ou contre nous. Et il conclut en affirmant que les hommes laissent leurs demeures chaque matin, pour se libérer ou pour se détruire. Dieu aime ceux qui reviennent vers Lui. Ce sont ceux-là qui se purifient vraiment.

Un virus invisible arrive à ébranler les hommes lorsque les cœurs sont sales. Les esprits sont pollués. Les relations sont brisées. La corruption s'est répandue. Chacun cherche à sauver sa peau. La loi du plus fort s'est installée. La nature est abusée. La dignité humaine n'est plus respectée. La confiance n'existe plus. La sérénité est partie. La solidarité est un vain mot. La générosité est mince. Le don de soi est rare. La paix est une illusion.

Ce qu'il faut, au nom même de notre foi, c'est un sursaut. Se lever pour contester, résister... mais aussi et surtout, pour construire. Et cet engagement a un nom, c'est un engagement citoyen. Même s'il est fait au nom de Dieu, les partenaires et les bénéficiaires de cet engagement ne peuvent être que nos concitoyens, sans distinction aucune. Et puisque notre religion n'est pas à vendre, il ne peut y avoir le moindre soupçon de prosélytisme.

Il faut un engagement citoyen multidimensionnel, pas juste une campagne d'hygiène personnelle. Multiconfessionnel aussi, puisque fondé sur des valeurs universelles. Espérer que les politiques seuls, ou les institutions seules, vont changer le monde n'est qu'une utopie. Tant globalement que localement, nous avons une obligation de nous engager. Ensemble avec tous les êtres de bonne volonté. Partout. Au service des plus faibles...

Ce n'est rien plus et rien moins qu'une responsabilité devant Celui vers Qui nous retournerons demain.

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