Revolution Energy

Ceci est un appel citoyen aux pouvoirs publics, aux institutions de formation et d'éducation, aux entreprises et, principalement au monde associatif et aux consommateurs. L'heure est à la révolution en ce qui concerne nos modes de production, de distribution et de consommation
énergétiques si nous voulons un avenir meilleur, un avenir... tout court. S'inquiéter de la baisse du prix du sucre ou encore du sort de notre industrie textile, c'est une chose. Mais lorsque, face à la montée des prix du pétrole, soit on ne fait presque rien soit on choisit les mauvaises solutions, il y a de quoi s'alarmer.


Cinq élements à retenir

1. D'abord il y a eu une campagne de sensibilisation à l'économie d'énergie qui a été mal engagée. Si on ne peut que féliciter ceux responsables de l'initiative en soi, il est bon de rappeler que rater une campagne de sensibilisation est pire que d'en avoir aucune.

2. Deuxièmement, on a beaucoup entendu parler de l'éthanol. A-t-on songé à toutes les implications ? Comme à la capacité actuelle de stockage en carburants ? Un rapport qui dort dans un tiroir quelquepart souligne, d'ailleurs, que " ... storage of fuel is above-all a matter of national interest related to the energy security of the country... An Energy Master Plan based on clear and thoroughly-defined energy policies should be produced to ensure that a holistic approach is adopted. " On y évoque aussi le danger de stocker de tels produits à côté des zones résidentielles et du centre névralgique du pays.

Et quid des véhicules fumigènes qui polluent nos routes ? Ce même rapport, soumis par un Technical Committe désigné par le Gouvernement, ajoute " ... the planned and phased introduction of fuel of better quality, per se, will be much less a burden on the consumer than the rising prices on the world oil market. Guidelines are here provided according to a phased implementation plan to ensure that by 2012, fuel quality in Mauritius is fully aligned with the highest standards worlwide, particularly with the European standards. "

3. Ensuite, est venue la salve d'augmentation des prix de produits pétroliers et des denrées comme le pain. D'autres hausses sont à prévoir. Inévitables, nous dit-on. Si le Gouvernement ne fait que suivre les directives du FMI et de la Banque Mondiale, les consommateurs feront
effectivement les frais de la montée du prix de l'or noir. Or il se trouve que les recettes de la TVA sur les produits pétroliers comme le Retail Margin, ou encore la contribution à la Road Development Authority, ont largement augmenté. L'actuel ministre des Finances était
en faveur d'une réduction de la TVA sur les produits pétroliers avant les élections de juillet 2005. A-t-il changé d'avis ?

4. Les grands chantiers qui nous attendent que ce soit le sea-food hub, le mode de transport alternatif/complémentaire ou encore l'expansion de l'ICT et du parc hotelier auront tous besoin d'énergie. Ce n'est pas à coup de slogan que nous rendrons ces projets energy-intelligent. Sait-on que la CyberTour d'Ebène, aussi intelligente qu'elle soit, est une catastrophe en termes de design et d'efficacité énergétique ? Quand comprendra-t-on que la gestion de l'énergie est indispensable dès l'étape de conception d'un projet ?

5. Le charbon est de nouveau à la mode au niveau de la production d'électricité, jusque dans certaines usines. A l'heure où le journal Nature souligne que le méthane provenant de plantes contribue également au rechauffement de la planète, il y a de quoi s'inquiéter en ce qui
concerne les changements climatiques qui nous guettent.

Ce n'est sans doute pas la promesse d'une Land-Based Ocean Industry (LBOI) qui changera la situation du jour au lendemain. Sait-on que la faisabilité du système de climatisation au cœur du LBOI est loin d'être établie ? Un autre rapport qui dort dans un autre tiroir précise : " One
of the prime factors affecting the viability of such a system is the concentration of cooling load in a relatively small area. Experimental projects carried out in Hawaii have shown that, in general, a system smaller than 1000-ton refrigeration is not economically viable. A 1000-ton system represents 1000-1500 rooms... The cost of such a project is estimated around Rs 1 to 1.5 billion. " Face au problème de l'énergie est-on en train de nous dire qu'il faut un hotel de 1500 chambres sur la falaise d'Albion ?

Conclusion

Le fait est que nous reculons sur cinq frontières : en terme de conscience énergétique, du choix des énergies, de la politique des prix, de la demande et de la production. Le peu que font les personnes de bonne volonté, dans le secteur public comme dans le privé, est
insuffisant pour éviter que la situation n'empire. Il n'y a rien de concret pour contrer la menace qui nous guette sur le moyen terme, et pire, sur le long terme. Il faut résolument une vraie révolution énergétique. Il y va de la responsabilité de chaque citoyenne et de chaque citoyen.

Dans ce contexte, une plateforme Revolution Energy est en gestation qui regroupera celles et ceux qui aspirent à défendre une éthique de la génération, de la distribution et de la consommation de l'énergie fondée sur la dignité de la personne humaine et du respect de l'environnement.

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