Par Khalil Elahee
Il y a des gens qui n’aiment pas qu’on leur fasse des éloges. Il me l’avait demandé. Je respecterai sa volonté.
Parlons donc des vivants, ceux qui sont toujours là par la grâce d’Allah (swt).Au risque d’oublier certains, mentionnons les...Bye Mustapha, Bye Said, Bye Rashid, Bye Adam, Bye Rafick, Bye Bashir, Bye Goolam, Bye Issack, Bye Mohamad, Bye Mahmood, Bye Chuttoo, Bye Hussein, Bye Hassam, Bye Muslim...
D’autres sont partis déjà. Ils sont trop nombreux pour être nommés. Et beaucoup, je ne les ai jamais connu... Mais j’ai tant entendu parlé d’eux. De leur vision, de leur engagement, de leur lutte...Tous se référaient au Maulana Abdullah Rashid Nawab.

Certains l’ont connu, d’autres ont découvert le message avec le Professeur Malik.
Et ils suivaient tout ce qui se passait ailleurs, inspirés par Muhammad Iqbal, Al Maududi, Al Banna...jusqu’à Ramadan le père !
Ils sont maintenant des vénérables septuagénaires, sinon plus âgés encore. Beaucoup sont malades. Tous ont droit à nos invocations, nos remerciements, notre respect et notre amour.Notre pensée fondée sur le Tawhid, notre identité musulmane et notre engagement dans le contexte mauricien... ils nous ont montré la voie.
Sans eux, les traditions ancestrales l’auraient emportées sur notre attachement au Coran et à la Sounna.Il n’y aurait pas eu de rempart contre les innovations à l’intérieur de la religion.
Nous aurions été, constitutionnellement, des indo-mauriciens. Or le débat actuel sur « population générale » ou « créoles et autres chrétiens » nous montre tout ce que nous devons à ces aînés.
Et nous aurions renié le fait que Maurice est notre pays, au même titre que tous les autres concitoyens,pour tomber dans le sectarisme et le communalisme les plus abjects. Et nous n’aurions rien compris l’universalité de l’islam... Leur mérite est aussi dans le fait qu’ils ont combattu sans faire de ceux qui ne les suivent pas des ennemis. Ils n’ont jamais sorti de l’islam ceux qui ont une interprétation différente. Ils ont défendu leurs convictions sans diviser la communauté. Différents et divergents pour la cause d’Allah (swt), sans jamais se couper de la communauté... A l’époque, c’était difficile d’avoir une éducation islamique de haut niveau ou même d’avoir un livre sur l’islam. Ils ont livré un vrai jihad contre l’ignorance favorisant la langue arabe et le créole, allant jusqu’à traduire la signification du Coran. Ils ont aussi fait des ponts avec l’internationale islamique, soulignant ici le sort des peuples d’ ailleurs comme en Palestine... Ils n’ont jamais négligé l’action sociale au service des plus pauvres. Sans faire de la politique active,même s’ils ont donné au pays son plus grand parti musulman, ils étaient des réformistes de la politique comme du social, du culturel et de l’économique Aujourd’hui nous jouissons d’une facilité inouïe pour la formation et l’éducation, la communication et le dialogue tout comme pour le travail social. Est-ce pourquoi nous, la nouvelle génération, avons si peu d’humilité et si peu de patience?Tout l’exemple de nos aînés du mouvement islamique, leur vie comme leur mort, nous montre qu’il n’y a pas de réforme sans humilité et sans patience.