"... et lui insuffla de Son Esprit (l'âme)... " (Le Coran 32 :9)

Selon la quasi-totalité des juristes musulmans, l'avortement est interdit sauf dans des cas exceptionnels. Hormis le cas où  la vie de la mère est en danger, l'interruption ne peut  se faire après  120 jours.  A ce stage, l'âme est insufflée au fœtus selon une narration  prophétique reconnue. 

L'islam est la voie du juste milieu. Le respect de la vie est le principe absolu  et les circonstances spécifiques sont considérées au cas par cas à l'intérieur de paramètres clairement établis. Par exemple, en aucun cas peut-on  avorter en raison  de la pauvreté, d'un handicap ou du sexe de l'enfant.  D'ailleurs dès le début de la mission prophétique, l'islam s'éleva contre la pratique païenne des arabes de tuer leurs petites filles.

En son âme et conscience, un musulman ne peut accepter un projet de loi qui ne cadre pas avec ses convictions religieuses. Par exemple, un avortement au-delà des 120 jours n'est pas justifié en cas d'un diagnostic de trisomie 21 chez le fœtus. Lorsque dans la pratique il y a des risques de dérapage, d'un manque de contrôle strict et d'une complaisance de la part de ceux qui veulent en faire une exploitation commerciale, il faut refuser toute proposition de  loi insuffisante.

Sinon l'exception risque de devenir la règle et c'est ce que souhaitent, ouvertement, certains qui n'épousent nullement les valeurs de notre foi.  L'avortement ne peut remplacer la contraception.

Il faut des vraies solutions aux vrais problèmes : l'éducation sexuelle, l'accompagnement pendant la grossesse, la responsabilisation paternelle, l'accès aux soins sans aucune stigmatisation, une  sécurité sociale forte contre la pauvreté. Et aussi une meilleure proposition de loi après un dialogue large et constructif, vers  une approche plus humaine et moins mercantile  concernant les situations d'exception. Au cas par cas...

Abu Abdallah